Prééclampsie
La prééclampsie, une hypertension gravidique souvent accompagnée de protéinurie se révèle en milieu ou en fin de grossesse. Elle est plus fréquente chez les femmes primipares. C’est une source de risques maternels graves tels que l’éclampsie, le HELLP syndrome (Hemolysis, Elevated Liver enzymes, Low Platelet count), des altérations du fonctionnement rénal, avec à long terme des conséquences néphrologiques, neurologiques et cardiovasculaires. Parmi les causes potentielles de prééclampsie, un dysfonctionnement de gènes à empreinte a été mis en évidence.
Parmi les gènes supposés être responsables de la prééclampsie se trouve le facteur de transcription STOX1 (Storkhead box 1) dont l’empreinte maternelle n’affecte vraisemblablement qu’une partie des cellules trophoblastiques, les cellules des trophoblastes extravilleux en colonne qui dérivent dess villosités ancrées. STOX1 est surexprimé dans les placentas qui vont induire une grossesse prééclamptique et cette surexpression tend à induire une diminution de l’invasion trophoblastique des artères spiralées et du stroma endométrial.
Le tableau clinique de la prééclampsie laisse entrevoir de nombreux dérèglements : un stress oxydatif impliquant STOX1 et des micro-ARN, une moindre invasion trophoblastique de l’endomètre impliquant IGF1 et des métalloprotéinases, une inflammation mal maitrisée par une action insuffisante des cellules Treg au moment de l’implantation et un dysfonctionnement endothélial généralisé en relation avec le récepteur soluble sFLT1 (soluble Fms-Like Tyrosine kinase 1) qui piège le facteur angiogénique VEGF (Vascular Endothelial Growth Factor) ou encore la s-endogline, qui piège les facteurs de croissance de la famille des BMP (Bone Morphogenetic Protein), une famille fonctionnant de façon parallèle à celle du TGFb qui intervient dans la régulation de l’angiogenèse. La prééclampsie est par conséquent une pathologie très complexe ; des tentatives d’identification de marqueurs sanguins avant 20 semaines, date de l’apparition des premiers symptômes et de l’augmentation de sFLT1 dans le sang maternel, sont menées actuellement.
Une étude récente de la méthylation des gènes du placenta par rapport aux pressions sanguines diastolique et systolique maternelles au cours de la grossesse indique que la méthylation de 24 gènes au plus sont modifiés. De nouveaux gènes sont parmi ceux-ci : COL12A1 et FILIP1. Ils présentent de modifications épigénétiques (haute expression) corrélée au changement de pression sanguine. Mais sans corrélation claire avec leur degré d’expression. Ils pourraient donc expliquer la genèse de l’hypertension maternelle et être impliqués dans le développement des pathologies cardiaque et cardio-métabolique de l’adulte.
