Villite

Villite, intervillite et dépôt de fibrine sans étiologie connue.

Les nombreux cas de fausses couches, de naissance prématurée, de retard de croissance et de mort fœtale in utero sont observés suite à des infections mais aussi en dehors de toute infection sans cause identifiée.

Les infections à l’origine d’inflammation de la sphère placentaire ont pour origine des virus tel le cytomégalovirus (CMV), le virus de l’herpes simplex  (HSV), le virus de la varicelle et le SARS-CoV-2, un corona virus, ainsi que des bactéries comme le Treponema pallidum, le Mycobacterium tuberculoses et des parasites comme le Plasmodium et le Toxoplasma gondii.  Les cas d’inflammation des villosités représentent 10 à 15% des placentas examinés, cependant dans 95% de ces placentas aucune étiologie n’est reconnue (VUE en anglais).

Ces cas d’inflammation peuvent être catégorisés par un examen histopathologique et trois types d’observations ont été répertoriée suite à cet examen :

-Une invasion du stroma villositaire par des lymphocytes maternels T CD8+ et des histiocytes CD68+ (villite sans étiologie connue ou VUE en anglais) plus une activation des macrophages fœtaux (cellules de Hofbauer) dans environ 5 à 10% des placentas. On distingue un bas grade touchant moins de 10% des villosités et un haut grade touchant plus de 10% des villosités. Toutes les villosités sont susceptibles d’être affectées, des troncs proximaux aux villosités distales. Les changements peuvent être diffus ou groupés. Le trophoblaste est endommagé et certains vaisseaux et capillaires villositaires oblitérés.

L’inflammation des villosités a des conséquences sur le développement fœtal et la grossesse. Elle a été associée à un retard de croissance in utero et à des fausses couches à répétition. Elle est reliée à un rejet partiel de l’embryon.

-Une invasion de l’espace intervilleux par des histiocytes maternels CD68+ avec des dépôts sporadiques de fibrine (intervillite sans étiologie connue ou CHI en anglais) dans 0,2% des placentas.

L’intervillite est associée à des avortements du premier trimestre, à un retard de croissance sévère ou à une mort fœtale in utero. Une cause auto-immune est soupçonnée.

-L’accumulation massive de fibrine (MPFD) couvrant au moins 25% de l’espace intervilleux observée dans 0,5% des placentas. La présence massive de fibrine dans l’espace intervilleux est source de retard de croissance et de mort fœtale tardive. Son origine résulterait d’un dérèglement de la cascade de coagulation.

L’intérêt de cette catégorisation est important mais souvent plusieurs de ces catégories peuvent être retrouvées au sein d’un même placenta ce qui ne facilite la recherche des causes ayant entrainées cette situation.

Parmi les différentes causes potentielles des villites se trouvent l’activation et le dépôt trophoblastique du complément C4d, la présence de chimiokine CXCL10 dans le liquide amniotique signe d’un processus de rejet, l’excès de molécules d’adhésion ICAM-1 facilitant l’entrée de cellules maternelles dans les villosités et enfin la diminution du ligand de mort cellulaire programmée PDL1 qui supprime l’activité des lymphocytes T.

D’autres observations d’inflammation de la sphère placentaire sont possibles. Celles touchant le chorioamnios décrite sous le nom de « chorioamniotite » ou de la décidue basale du placenta décrite sous le nom de « déciduite ». Elles sont toutes caractérisées par une invasion des tissus par des cellules maternelles. Elles sont souvent associées à des villites et intervillites.

Dans la chorioamniotite chronique, le taux de chimiokines comme CXCL10 est augmenté dans le liquide amniotique et des cellules maternelles T CXCR3+ sont observées dans le stroma de l’amnios tandis que le cytotrophoblaste basal dégénère.

Dans la déciduite (ou endométrite déciduale), l’invasion de la plaque basale et de certaines villosités crampons par des cellules T CXCR3+ maternelles a été décrite.

Dans les villites et dans la chorioamniotite chroniques un mécanisme de rejet par les cellules maternelles ou par des anticorps maternels anti-HLA fœtaux est impliqué.

De façon générale on distingue deux types de réponse inflammatoire du fœtus. Le type 1 correspond à une élévation de l’interleukine IL6 dans le liquide amniotique suite une infection bactérienne comme dans la chorioamniotite aiguë. Le type 2 correspond à une élévation de CXCL10 intra-amniotique suite à un phénomène de rejet dans les affections chroniques. Cette chimiokine est employée pour caractériser les phénomènes de rejet.